Ce texte n'est ni juste ni faux, ce texte est la pensée de quelqu'un
Le gothique :
qu'y a-t-il derrière le cliché ?
« Eh, t'as vu, elle ? La gothique, la fille habillée toute en noir avec le maquillage sombre et le teint pâle !» Eh oui, le mouvement gothique est souvent mal perçu ― il est souvent associé au satanisme, par exemple ―, et à injuste titre ! Par cet article, je veux vous montrer les vraies origines du mouvement gothique, avant qu'il ne soit faussé et mal interprété... C'est parti pour un flash-back vers la naissance du gothique :
Des origines récentes...
Dénaturé au fil des années, le mouvement gothique a ses racines en Angleterre, dans le mouvement punk, entre la fin des années 70 et le début des années 80. Le style musical gothique est alors plus spécialement appelé « positive ou monochrome punk ». Le style vestimentaire des artistes ayant adopté cette branche musicale en a ensuite influencé les adeptes, ce qui est par la suite devenu petit-à-petit une sous-culture du punk : le gothique.
À fin de l'année 1983, le gothique est devenu une culture à part entière, sans être assimilée au punk comme les années précédentes. Malheureusement, au XXème siècle, les médias ont commencé à fausser les idées et le style vestimentaire du mouvement. Après cette période, on aurait pensé à une multiplication du nombre de gothiques, mais s'en est en réalité une dispersion, voir presque une extinction. Nombre de gens se disent gothique sous la couverture de groupe comme Slipknot ou Marilyn Monson, alors que leurs paroles et leurs mentalités n'ont rien à voir avec le mouvement.
... et des inspirations vestimentaires et morales plus lointaines.
Très riche, le mouvement gothique a un style musical, une esthétique vestimentaire et un état d'esprit propres : l'art est, sous toutes ses formes ― poésie, littérature, cinéma, peinture ―, une des bases générales de ce mouvement.
Sa mentalité est d'ailleurs en partie inspirée par la période Romantique, pendant laquelle, à la fin du XVIIIème siècle, les artistes se révoltent contre la logique rationaliste et matérialiste de l'époque : ils revendiquent, inversement, l'importance des sentiments par rapport à la logique froide et impersonnelle de l'époque en rappelant la priorité de l'individu sur le collectif.
Au XIIIème siècle, on retrouve également le style gothique dans les cathédrales ; cette période moyenâgeuse est effectivement très présente dans le style vestimentaire gothique victorien, avec les corsets, les robes de velours et de satin, les capes, etc.
Un style vestimentaire à plusieurs branches
Le style vestimentaire gothique victorien ou « néo-romantique »
― qui est en fait réellement en accord avec la mentalité gothique ― est très inspiré du Moyen Âge : plus ou moins sophistiqué, il existe autant pour les hommes que pour les femmes : des tenues décontractées comme les blouses médiévales et les jupes pour hommes jusqu'aux tenues plus sophistiquées comme les corsets en satin ou en dentelle, les robes en velours et les jupes en tulle, chaque gothique peut avoir sa préférence et se retrouver dans son style. On y retrouve aussi les capes et redingotes qui, dans la rue, ne passent évidement pas inaperçues.
Mais il y a aussi le style qu'on appellerait « cyber punk », qui est constitué plutôt de latex et de cuir et qui va plus souvent dans l'originalité et la démarcation.
Le noir, que l'on retrouve très souvent dans le style gothique ― même si les couleurs peuvent très bien être présentes ―, évoque le renoncement à la vanité du monde actuel.
Une mentalité déformée par les médias et les apparences
C'est par le noir et la mélancolie qu'on désigne un gothique le plus souvent, au premier abord. Cependant, « gothique » n'est pas synonyme de « dépressif », et la personne peut parfaitement être enjouée et joueuse !
Selon beaucoup de sources, les gothiques chercheraient à faire ressortir la beauté de la mélancolie et de ce que le monde extérieur trouve lugubre, et ainsi permettre de mieux accepter ou mieux vivre la tristesse ; ils seraient en quelque sorte fascinés par l'étrange et tout ce qui peut être lugubre, fantastique et inquiétant. Mais chaque personne a sa mentalité propre, et il est tout simplement idiot de dire que tous les membre de la communauté gothique ont les mêmes sentiments !
À l'origine, les gothiques luttent contre l'uniformité, la domination des normes, l'hypocrisie des Hommes entre eux et valorisent la liberté. C'est pour cela que le gothique est plutôt définit comme un mouvement que l'on appellerait underground, ce qui signifie, pour résumer, qu'il regroupe des personnes vivant plus ou moins en marge de la société ― dans laquelle ils ne se retrouvent pas.
Toutefois, malgré le style vestimentaire des gothiques qui peut donner une impression macabre et morbide, ils sont insérés à la société et ne vivent pas en ermites, repliés sur eux-mêmes : ils existes d'ailleurs des fêtes où les gothiques se retrouvent, et où certains invitent même des amis qui ont un style différent ― ces derniers sont parfaitement acceptés.
Ainsi, lorsqu'un individu s'isole totalement, n'a plus de relations avec le monde extérieur, se désintéresse de tout, n'a plus de joie à faire quoi que ce soit, et commet des actes qui le mettent en danger tels que automutilations, prise de drogue, ou encore tentatives de suicide, on se trouve face à quelqu'un en grande souffrance psychologique ayant besoin d'être aidé : comme dans tous les styles, il peut exister des gothiques qui sont ainsi, mais encore une fois il n'y a pas lieu d'en faire une généralité.
Le lien entre les sentiments et les apparences est-il vraiment celui que l'on croit ?
Contrairement à une idée reçue très répandue, le noir ne représente pas le renfermement et la tristesse constante. Selon la personne, le noir peut permettre d'extérioriser des sentiments, être lié à une simple envie d'élégance, ou encore, d'un point de vue artistique, servir à faire ressortir d'autres couleurs.
Les clichés sont trop nombreux et ne laissent pas découvrir les gens tels qu'ils sont : chacun est différent, pourquoi tenter de poser une constitution sur les sentiments du gothique alors que le mouvement lui-même est contre l'uniformisation ?
Le satanisme
Voilà la question relative à un des grand cliché de la plupart des gens obtus : les gothiques sont-ils satanistes ? Eh bien il peut en exister, car ils existes des satanismes différents. Contrairement aux religions comme le catholicisme, le protestantisme, l'islam, etc, le satanisme dispose de plusieurs Bibles qui diffèrent ― celle de La Vey restant la plus courante et la plus réputée chez les satanistes ― et ne dispose pas de bases prédéfinies. À ce moment-là, il peut avoir des adeptes pratiquant plus ou moins à l'extrême :
Pour certains, être sataniste signifierait être athée, et tout simplement refuser d'être « faible » ― ce qui est une allusion au fait de tendre l'autre joue si on nous donne une claque, d'après la Bible chrétienne― ainsi que de « profiter de la vie » ― dont certains moyens seraient la drogue et l'alcool ― sans se perdre dans des réflexions spirituelles.
Pour d'autres, il s'agit de faire des rituels, d'invoquer des esprits et s'automutiler au nom de Satan.
C'est donc une religion à part qui ne doit pas être automatiquement liée au gothique ! Le satanisme ― surtout pratiqué à l'extrême ― et la mentalité gothique sont très différents !
Un mouvement différent du cliché qu'on lui impose
En conclusion, le gothique n'est pas du tout un mouvement religieux ou politique : chaque personne est différente, et il peut exister des gothique athées comme des gothiques très chrétiens ou même satanistes, mais les clichés faussent bien souvent la réalité du mouvement. Il n'est donc aucunement lié à ces adolescents en crise se renfermant dans le noir à cause du mal-être si souvent présent à l'adolescence : le gothique est un mouvement à part, avec sa mentalité.
Et si vous croisez quelqu'un qui se dit gothique, demandez-lui ce que cela signifie pour lui : vous aurez sûrement des réponses très différentes et certains ne sauront probablement même pas vous répondre...
Dites ce que vous pensez de ce style, en restant respectueux. C'est à dire que vous pouvez ne pas aimer, mais vous ne pouvez pas insulter (surtout si vous n'avez même pas lu le texte)
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